Interview des créateurs de Cults, la plateforme d’échange de fichiers 3D

Interview des créateurs de Cults, la plateforme d’échange de fichiers 3D

Nous vous présentions il y a quelques jours Cults, une plateforme qui permet de vendre ou d’acheter des fichiers pour créer soi-même divers objets en 3D. Elle vient juste de se lancer et est proposée par des français qui croient fortement en l’avenir de l’impression 3D. Il n’en fallait pas plus pour nous donner envie de les interviewer et de découvrir plus en profondeur leur projet. Voici leurs réponses, bonne lecture !

cults

Pouvez-vous commencer par présenter le site et son concept ?

Cults est une place de marché digitale à dimension communautaire. Il s’agit d’un site qui permet aux créateurs de modèles 3D de partager leurs œuvres (en mode gratuit ou payant) aux personnes souhaitant fabriquer des objets de toutes sortes grâce à leur imprimante 3D. Notre nom vient du saint patron des artistes et des sculpteurs St. Luc qui à l’envers se lit Cults. Nous y retrouvons également l’extension .stl qui fait référence aux formats des fichiers 3D. Ce choix n’est pas anodin car à travers notre plateforme et notre positionnement, nous souhaitons réellement rendre hommage à tous ces designers 3D qui ont un talent fou.

Combien de personnes composent l’équipe ? Quels sont les rôles de chacun ?

Dans l’équipe, nous sommes aujourd’hui 4 personnes : deux co-fondateurs et deux associés.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée du site ?

Nous nous intéressons depuis pas mal de temps à l’impression 3D, nous sommes en fait passionnés par tout ce qui peut sortir de ces incroyables machines. Cela nous a donné envie d’en avoir une pour tester mais simplement aucun de nous ne maîtrise les logiciels 3D. Nous sommes comme qui dirait des « quiches » en modélisation 3D (même si l’un d’entre nous a réussi à faire une chaise après d’intenses efforts). Cependant, il y a plein de gens doués dont c’est la passion, voire le métier, de modéliser des objets en 3D ; ce sont ces individus que l’on a eu envie de mettre en avant. Même si la barrière technique tend à s’estomper avec l’arrivée de services de modélisation en ligne, il y aura toujours besoin de créateurs qui ont une réelle vision d’artiste, une âme de concepteur. C’est un des facteurs essentiels pour que le monde de l’impression 3D devienne intéressant pour le grand public. Sans modèles 3D de qualité à imprimer, nul besoin d’avoir une imprimante 3D.

Est-ce un loisir ou vous êtes-vous lancés à plein temps ?

C’est un loisir dans le sens récréatif du terme. En effet, nous prenons énormément de plaisir chaque jour à travailler dans cet univers, rencontrer de nouveaux designers, être constamment étonnés par ce qu’ils arrivent à faire, échanger avec nos utilisateurs pour avoir leurs sentiments sur les designs publiés sur Cults, admirer les modèles numériques se transformer en objets physiques. Nous ne pouvons pour le moment pas vivre encore avec cette activité mais l’idée est de développer très rapidement Cults pour que l’on puisse se mettre à 100% dessus. Nous avons hâte d’y être. Cela fait maintenant un an que nous avons ce projet en tête et on a qu’une seule envie c’est de le développer au plus vite.

Il existe déjà plusieurs sites sur ce créneau, mais la plupart sont anglophones. Pensez-vous que la France représente un marché assez mâture pour accueillir un acteur comme Cults ?

Nous avons eu la chance de pouvoir assister au 3D PrintShow de Paris en novembre dernier et force est de constater que de nombreuses entreprises françaises émergent et apportent leurs idées nouvelles. Que ce soit des constructeurs d’imprimantes 3D aux services en ligne en passant par des sites éditoriaux, tous tendent à tenir la dragée haute aux américains. Chaque jour, nous avons l’occasion d’échanger avec ces différents acteurs pour commencer à tisser des partenariats « made in France ». C’est extrêmement intéressant et motivant de voir qu’en France cela bouge très vite aussi. La réussite de Cults est liée aux succès de ces entreprises qui vont réussir à évangéliser le marché et à introduire une imprimante 3D dans chaque foyer français. Nous ne voyons aucune raison pour que l’impression 3D ne se développe pas en France autant qu’ailleurs. Toutefois, Cults ne s’adresse pas uniquement aux français, mais à toutes les personnes qui dans le monde souhaitent télécharger des modèles 3D de qualité pour s’amuser avec leur imprimante 3D. Aujourd’hui la majeure partie de nos utilisateurs et designers est anglophone.

A terme, quels types de fichiers souhaitez-vous proposer ? Voulez-vous vous limiter à certains types de produits ou élargir au maximum l’offre ?

Comme vous avez pu le constater, il y a effectivement plusieurs sites proches de Cults. Depuis le début notre stratégie est de se démarquer de la bibliothèque gigantesque de fichiers 3D, où le volume compte plus que la qualité. Nous misons sur le fait que les gens sont intéressés par les modèles qu’ils ne peuvent pas réaliser eux-mêmes. Ceci explique facilement le fait que certains fichiers soient payants car ils ont en effet une valeur incontestable : idée, temps de travail, prouesse technique, etc. Nous observons donc une démarche qualitative et sélective vis à vis des objets présents et espérons toujours proposer à nos membres des modèles super étonnants et géniaux à imprimer. Nous n’hésitons pas à communiquer sur les exclusivités que nous avons chez Cults. Nous avons le plaisir aujourd’hui de collaborer avec des designers de renoms tels que Future Factory, Macouno, 3D Brooklyn, Shigeto Meada ou encore Bard. Ce sont ces gens qui feront que demain on aura tous envie d’avoir une imprimante 3D.

Comment comptez-vous publiciser le site et trouver suffisamment de créateurs pour disposer d’une offre riche ? Allez-vous à la pêche aux fichiers vous-même pour le moment ?

Aujourd’hui, nous invitons en one-to-one les designers à venir publier leurs créations sur Cuts. C’est un dialogue, une rencontre qui nous enrichi beaucoup car ce sont des individus qui fourmillent d’idées. Ils n’hésitent pas à nous faire part de leur retours et de leurs attentes vis à vis de Cults. En contrepartie nous leur distillons des conseils pour mettre parfaitement en valeur leurs designs sur notre plateforme. Incessamment sous peu, nous allons d’ailleurs avec notre imprimante 3D (française) imprimer chaque modèle du site pour les tester et garantir leur imprimabilité. Les designers pourront ainsi tester pour savoir si leur modèle est imprimable. Nous agrémenterons ainsi les fiches produits de photos des objets imprimés car ceux-ci sont toujours plus parlant et séduisant qu’un simple screenshot de logiciel 3D. Nous travaillons également sur la mise en place d’une visionneuse 3D. Nous commençons actuellement à promouvoir le site auprès de clients en ayant la même démarche qu’avec nos designers : de l’échange personnalisé en one-to-one.

Quel est le business model du site ?

Pour financer les frais de fonctionnement du site (hébergement, système de paiement, développement) nous observons une petite commission sur chaque vente d’un modèle 3D. L’autre part est naturellement redistribuée au designer. À moyen terme, nous réfléchissons à de multiples partenariats avec des marques qui pourront concevoir des opérations spéciales sur notre site, comme par exemple mettre à disposition de la communauté une création exclusive. À l’image de ce qu’a pu faire récemment General Electric avec son concours « 3D Printing Day ». À plus long terme, nous souhaitons ouvrir une boutique physique pour permettre à tout un chacun de venir y imprimer les modèles 3D de leur choix parmi notre catalogue ou en nous amenant un fichier 3D.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’impression 3D ? Pensez-vous que l’explosion auprès du grand public est proche ?

Les signes ne manquent pas et ne trompent pas. Les acteurs comme Amazon ou la Fnac consacrent une partie de leur catalogue à l’impression 3D. La Poste teste et propose ce service à ses clients. Les brevets sont en train de tomber. Les imprimantes deviennent de plus en plus performantes que ce soit en terme de matériaux imprimables, de vitesse d’impression, de résolution, de taille d’objets imprimés, de design… Bref, tous les voyants sont au vert et se traduisent par la croissance de nombre de ventes d’imprimantes 3D. Nous constatons qu’actuellement les services qui ont le vent en poupes sont ceux qui permettent de commander directement un objet imprimé en 3D (personnalisable ou pas) sur internet et de se le faire ensuite livrer chez soi. Ce qui revient à acheter n’importe quel objet sur Internet finalement. À l’avenir, nous pensons qu’il sera plus fun, plus simple et moins couteux de se les imprimer soi-même, à condition de disposer de bons modèle 3D… téléchargeables sur Cults, évidemment.

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Cet article a été rédigé par +Flavien

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