Interview : MyMiniFactory, plateforme de référence des objets 3D

Interview : MyMiniFactory, plateforme de référence des objets 3D

Si vous vous intéressez à l’impression 3D, il y a de fortes chances que vous connaissiez MyMiniFactory, la célèbre plateforme qui propose de nombreux fichiers d’objets à imprimer en 3D, ou iMakr.com, qui vend du matériel. Nous avons aujourd’hui le plaisir d’interviewer Rees Calder, directeur marketing des deux sites, qui nous explique sa vision de l’impression 3D mais aussi le développement de ces sites. Un grand merci lui, ainsi qu’à Nicolas Bouchet pour la mise en relation et la traduction.

  • Pour commencer, pouvez-vous commencer par présenter votre rôle dans la société ?

Je suis Rees Calder, directeur marketing d’iMakr.com et de MyMiniFactory.com

  • Comment est né le projet MyMiniFactory ?

En fait, MyMiniFactory est la suite logique d’iMakr.com. Sur iMakr.com, nous sommes spécialisés dans la sélection et la vente des meilleures imprimantes 3D, des matériaux d’impression et aussi des accessoires. Et très rapidement on a compris qu’il fallait fournir aux makers (en particulier aux non-designers) des fichiers à imprimer facilement accessibles et de bonne qualité. MyMiniFactory est donc né principalement pour répondre à une question : « j’ai une imprimante 3D, et maintenant, qu’est-ce que j’imprime ?».

  • J’imagine qu’il y a des utilisateurs du monde entier… Quels pays dominent pour le moment en matière d’impression 3D ?

À l’heure actuelle, la majorité de l’industrie liée à l’impression 3D vient des États-Unis d’Amérique, et c’est en toute logique qu’une très grosse partie de nos utilisateurs viennent de là-bas. Le Royaume-Uni est aussi un acteur majeur du monde de l’impression 3D, mais la France et l’Allemagne aussi sont des acteurs importants.

  • MyMiniFactory évolue sur un créneau d’avenir. L’activité est-elle déjà tout de même au rendez-vous ?

Tout à fait ! Depuis le lancement de la plateforme en juin 2013, l’activité a augmenté de façon presque exponentielle. Certains de nos objets les plus populaires ont déjà été vus des dizaines de milliers de fois et comptent plusieurs centaines de téléchargements. C’est assez impressionnant quand on prend en compte la taille relativement réduite de l’industrie de l’impression 3D. Nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent de plus en plus rapidement, au fur et à mesure que l’industrie se développera.

  • Il y a déjà une concurrence très présente sur le marché des plateformes de fichiers 3D. Comment arrivez-vous à vous démarquer ?

Effectivement, il y a d’autres plateformes, mais MyMiniFactory est la seule qui s’assure que tous les designs publiés soient imprimables (en les imprimant vraiment). Cela signifie que les utilisateurs qui téléchargent un objet sur notre plateforme sont assurés que l’objet va bien s’imprimer ; c’est un vrai plus pour les utilisateurs ! Nous avons aussi une équipe de designers bourrés de talent qui travaillent pour nous et ajoutent régulièrement du nouveau contenu accessible gratuitement au site.

  • Comment faites-vous vivre votre communauté de designers, et comment faites-vous pour la développer ?

imakr_optAlors pour commencer, nous avons mis en place le « Designers’ Exchange », où les designers du monde entier peuvent postuler pour des jobs ou travailler sur des projets (et être rémunérés !). Au fur et à mesure qu’ils gagnent de l’expérience, leur « grade » augmente, ce qui leur donne accès à des offres plus complexes. Nous organisons aussi régulièrement des séminaires en ligne afin d’échanger avec notre communauté de designers mais aussi pour présenter l’Exchange à ceux qui veulent designer pour la plateforme.

En plus de cela, comme on imprime tous les fichiers qui sont mis en ligne, on propose aux designers qui uploadent leurs objets sur la plateforme de leur envoyer leur travail imprimé gratuitement.

MyMiniFactory organise aussi régulièrement des concours de design (en ce moment, notre concours d’Halloween) : les participants doivent nous envoyer leur création pour une chance de gagner de super lots, en général une imprimante 3D !

  • Quels sont vos objectifs à moyen terme ? Pensez-vous enrichir votre offre avec de nouveaux services ?

À moyen terme, nous voulons continuer d’élargir notre communauté de makers et de designers. Nous adorons l’idée de fournir gratuitement des modèles 3D de grande qualité. Nous pensons que c’est le meilleur moyen de développer l’industrie est de montrer aux gens ce qu’il est possible de faire avec une imprimante 3D. Nous envisageons tout à fait d’élargir notre offre, même si elle est déjà plutôt importante aujourd’hui. En plus des modèles téléchargeables gratuitement, nous offrons aussi des services d’impression à la demande et d’impression en volume. Mais nous ne nous mettons pas de barrières, et si quelqu’un a une idée géniale ou veut collaborer avec nous, la plupart du temps cela se fera. Et avec iMakr, nous avons aussi eu des collaborations assez originales, notamment avec Selfridges et Harvey Nichols. Nous avons d’ailleurs un projet qui démarrera cet hiver en France et sera dévoilé très bientôt, alors restez à l’affut !

  • Pour finir, à titre personnel, comment voyez-vous le futur de l’impression 3D ?

C’est une question difficile, et certainement celle qui revient le plus souvent ! Je pense que nous verrons le marché de l’impression 3D continuer de s’agrandir. Pour l’instant ce sont surtout des professionnels ou des passionnés qui y ont recours, mais comme les prix vont baisser et les imprimantes devenir plus faciles à utiliser, le grand public va commencer à réaliser que les imprimantes 3D sont un outil incroyable pour produire à peu près tout ce que l’on veut.

Si on regarde le développement des jeux, des sites internet ou bien des applications, une équipe de dizaines d’experts était autrefois requise pour produire n’importe quoi de correct. Mais maintenant, un gamin avec un peu de connaissances de codage peut arriver à un résultat remarquable. Les imprimantes 3D évolueront très certainement de cette façon. Les gens vont commencer à fabriquer eux-mêmes ce dont ils ont besoin, et donc la production va changer de mains : l’usine sera alors au sein même du foyer. Je pense que l’on se dirige vers un monde où tout sera personnalisable, et où la personnalité de chacun se retrouvera dans les objets possédés, puisqu’on pourra tous créer ce que l’on veut nous-même. L’impression 3D est aussi synonyme de perte de valeur pour les objets physiques, et le bien réel devient alors le modèle d’impression, ce qui lève alors de nouvelles interrogations d’un point de vue légal et auxquelles il faudra faire face : imaginez le jour où vous pourrez télécharger le nouvel iPhone… Qu’en est-il lorsque les gens commenceront à pirater des objets physiques ?

Quoi qu’il en soit, il est certain que cette technologie va changer le monde dans lequel nous vivons ; la prochaine révolution industrielle est plus proche qu’on ne le pense !

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Cet article a été rédigé par +Flavien

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