Conséquence et futur de l’imprimante 3D

On entend de plus en plus parler du concept d’imprimante 3D. Les médias enchaînent les articles et reportages sur le sujet, mais les contours de la chose restent pour le moment assez flous. Une chose est sûre, le mouvement se porte désormais vers le grand public. On a vu arriver de nombreux modèles aux prix abordables, et aujourd’hui on peut avoir des imprimantes de qualité entre 400 et 1500 dollars. Oui, mais elles ne font évidemment pas tout et sont limitées dans les matières et tailles d’objets. Les machines professionnelles restent très chères (plusieurs dizaines de milliers d’euros au moins) et beaucoup sont à l’état de prototypes. Le rôle de la R&D sera important pour déterminer les usages futurs. Mais plusieurs voies se dégagent et sont réellement intéressantes.

3d print

Une nouvelle révolution industrielle ?

Un signe ne trompe pas quand aux conséquences potentielles de l’apparition des imprimantes 3D : l’implication de Barack Obama. Le Président américain et son gouvernement ont ainsi investi en 2012 plusieurs dizaines de millions de dollars dans un centre de recherche dédié au sujet dans l’Ohio.

Avant qu’Obama ne remette le couvert début 2013 lors d’un discours dans lequel il annonce sa volonté d’ouvrir une quinzaine de centres de recherche sur l’impression 3D pour que les Etats-Unis soient en pointe pour la prochaine révolution industrielle. L’objectif pourrait être de concurrencer de nouveau les marchés émergents comme la Chine, imbattables pour le moment pour ce qui concerne les produits simples et répétitifs, produits à très bas coût. L’économie du transport permettrait de rendre de nouveau viable la production locale grâce à ce type de machine. C’est encore du domaine de la théorie, mais les perspectives sont plus que motivantes. Et Obama l’affirme lui-même dans des propos repris par Libération : «Cet institut permettra de s’assurer que les emplois industriels de demain ne soient plus en Chine ou en Inde, mais ici, aux Etats-Unis.».

De la petite à la grosse réparation

L’avantage de l’imprimante 3D, c’est la possibilité de produire soi-même des pièces dont on a besoin. Pour réparer ou changer une partie défectueuse d’un de nos produits par exemple. On pourrait ainsi imaginer des applications en SAV, permettant d’allonger la durée de vie de certains de nos objets. Même la Nasa envisage d’avoir recours à des imprimantes 3D dans l’espace pour permettre à ses astronautes de produire des pièces dont ils pourraient avoir besoin. Inutile de dire que le potentiel est là…

Une voie de développement

L’entraide revient régulièrement quand on aborde les imprimantes 3D. Car c’est un moyen de produire collectivement des objets qui pouvaient auparavant coûter cher, et donc un moyen de développer rapidement des zones qui en ont besoin. On pense évidemment à l’Afrique par exemple, et aux imprimantes 3D capables de se reproduire elles-mêmes, et qui pourraient fabriquer de nombreux objets utiles du quotidien. Pas besoin de disposer d’une imprimante par personne, une pour une communauté pourrait suffire. Et je vous laisse imaginer les possibilités induites au niveau local, avec une machine capable de fabriquer tout ce dont vous avez besoin ou presque… A partir d’une matière première neutre. Un retour au mode de vie communautaire et une réappropriation des moyens de production, ça fait envie, non ?

Ou juste un gadget de luxe ?

Les observateurs freinent les ardeurs de beaucoup. Ils sont nombreux à essayer de tempérer l’enthousiasme, en affirmant que les imprimantes 3D grand public ne sont pas pour demain. Encore compliquées à utiliser, leur usage ne serait pas si évident et l’investissement par rapport aux possibilités pas forcément valable. Le mode de vie induit serait très prenant, et il convient de ne pas s’enflammer. Et pour le moment, seules 200 matières peuvent être travaillées, et coûtent encore assez cher, sans compter le temps de fabrication encore trop long. La recherche et les fabricants ont encore beaucoup de travail pour développer ce marché… Les principales retombées seraient récréatives, comme avec la vague des imprimantes culinaires ou la confection de petits objets de décoration. Un moyen geek de s’amuser donc, avec beaucoup d’efforts pour un résultat avant tout gratifiant pour l’égo.

Mais l’époque morose pourrait bien donner le coup de boost nécessaire à un grand élan de do it yourself, donc pourquoi pas ? Les avancées rapides du moment et la publicisation du concept donnent en tout cas des espoirs bien légitimes. A surveiller de près !

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Cet article a été rédigé par +Flavien